Ce qui explique la récente baisse du prix du platine

En 2015, le platine valait plus que l’or. Pendant des années, ce métal s’est offert le luxe de dominer le classement des métaux précieux. Mais ces derniers temps, il s’est trouvé relégué derrière l’or et même le palladium. Un bref regain d’espoir a traversé le marché en début d’année, aussitôt rattrapé par la réalité économique. Paul Wilson, le patron du World Platinum Investment Council (WPIC), l’une des figures de proue du secteur, analyse les perspectives du platine et les secousses qui le traversent.

Platine : la dégringolade, mais aussi la promesse d’un rebond

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Le réveil du platine s’est fait sentir dès janvier, avec une remontée vers les 1 000 dollars l’once. Une embellie stoppée net par la propagation du Covid-19, qui a gelé la croissance et semé la panique sur les marchés mondiaux. Pour Wilson, le marché avait déjà montré des signes de vitalité en 2019 : les investisseurs institutionnels avaient alors massivement acheté des FNB adossés au platine, pour près de 991 000 onces (30,8 tonnes) de métal physique. Ce mouvement a tendu le marché physique, gonflé les positions longues sur les contrats à terme et, mécaniquement, fait monter le prix.

Mais la pandémie a tout bouleversé. Comme la plupart des matières premières et des actions, le platine a vu ses positions futures plonger. La reprise, pourtant, n’a pas tardé. Aujourd’hui, la tension sur l’offre physique demeure palpable. Acheter des pièces de monnaie ou des lingots de platine s’est révélé compliqué pour de nombreux investisseurs : les stocks sont restreints, les chaînes logistiques perturbées. Les restrictions sanitaires ont freiné la production dans les mines et limité les opérations de recyclage, réduisant ainsi la quantité de platine disponible sur le marché.

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Wilson souligne que les signaux économiques sont loin d’être réconfortants. Après la pandémie, il anticipe une crise d’ampleur possiblement supérieure à celle de 2008. Autrement dit : la volatilité et la défiance pourraient dominer le jeu financier pour un bon moment.

Le platine, valeur-refuge ou pari risqué ?

Pour Wilson, la chute de mars n’était pas une catastrophe, mais une fenêtre d’opportunité pour ceux qui savent observer. Durant cette période, les particuliers et certains investisseurs privés se sont rués sur les lingots et les pièces. Résultat : les achats ont atteint 912 000 onces (soit 312 tonnes) au premier trimestre 2020, du jamais-vu sur cinq ans.

L’argument de Wilson est clair : dans un contexte de risques mondiaux démultipliés et de finances publiques fragilisées par la pandémie, la soif de métaux précieux ne risque pas de s’éteindre. Le platine, comme l’or, retrouve ainsi sa place de valeur-refuge pour traverser la tempête.

Regardons en arrière : en 2019, plusieurs grands fonds américains avaient troqué une partie de leur or contre du platine, histoire de diversifier leurs protections contre les revers économiques. Un scénario qui pourrait bien se répéter en 2020, si l’incertitude persiste.

Le dernier rapport trimestriel du WPIC estime la demande d’investissement à 605 000 onces (18,8 tonnes) pour 2020, contre 1,18 million l’an dernier. Paul Wilson table sur un retour à l’équilibre pour les FNB adossés au platine d’ici la fin de l’année. La contraction du premier trimestre serait ainsi compensée par la progression des mois suivants. Mais il n’ignore pas que la nervosité ambiante pourrait tout aussi bien doper la demande à nouveau.

Le platine a beau jouer les montagnes russes, il n’a pas dit son dernier mot. Si la confiance ne revient pas, il restera dans le viseur des investisseurs en quête de sécurité. Un métal qui vacille, mais refuse de disparaître des radars : voilà le paradoxe qui risque d’animer les prochains mois sur les marchés.

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