Sur les trottoirs des Champs-Élysées et de la rue de Rivoli, ce samedi, la mobilisation des gilets jaunes a laissé plus qu’un parfum de contestation. Les commerces, en ligne de front, ont vu leurs vitrines voler en éclats. Avenue de la Grande Armée, même scène : rideaux de fer forcés, devantures fracturées, stocks envolés. L’agitation de la rue s’est muée en une vague incontrôlable, emportant tout sur son passage.
Un vendeur impuissant devant le saccage
Clément travaille dans un magasin d’accessoires moto. Ce samedi, il a vu l’indicible : une dizaine d’individus surgissent, brisent la devanture, ouvrent la voie. Trente secondes à peine, et une soixantaine de personnes envahissent la boutique. Tout se joue en une poignée d’instants, trop vite pour réagir, trop brutal pour être anticipé.
Les caméras de surveillance ont immortalisé la scène. Le propriétaire, plus tard, découvrira l’étendue des dégâts. Malgré la présence d’un antivol dans les magasins, rien n’a freiné la déferlante. Clément se retrouve à arpenter les rayons dévastés, tentant de dresser la liste de ce qui manque, de ce qui reste. Avant de reprendre son métier, il faudra compter, réparer, reconstruire.
Le personnel d’un restaurant retranché à l’étage
Les commerçants ne sont pas les seuls à avoir subi la furie de la foule. Le restaurant La Belle Armée, situé avenue de la Grande Armée, a vu ses vitres voler en éclats. Face à la violence, le personnel n’a eu qu’un réflexe : se barricader à l’étage, attendre que la tension retombe.
Au premier étage, les employés écoutaient, impuissants, le bruit des groupes qui pénétraient dans la salle, retournaient tables et chaises, brisaient ce qu’ils trouvaient sur leur passage. La peur, cette nuit-là, a été le seul menu servi à ceux qui s’étaient enfermés pour échapper au chaos.
Des images sans filtre, la réalité brute
https://www.youtube.com/watch?v=FRsto0BH7SU
Depuis l’Arc de Triomphe, des vidéos ont circulé, témoignant du déferlement sur chaque boutique. La boutique Zadig et Voltaire, à deux pas des Champs-Élysées, n’a pas été épargnée : vitrines fracassées, portes forcées, des groupes ressortant les bras chargés de vêtements et d’objets. Les images parlent d’elles-mêmes : les pilleurs se sont approprié tout ce qui pouvait l’être.
En quelques heures, les commerçants du quartier ont vu ce qu’ils avaient bâti être ravagé sous leurs yeux, sans aucun moyen d’intervenir. Le rideau est tombé sur une journée de mobilisation, et avec lui, sur des centaines de vitrines éventrées. Les rues, le lendemain, ne racontaient plus qu’une histoire : celle d’un samedi où la colère collective a tout emporté, laissant derrière elle un silence lourd comme une gueule de bois.

